Le 40ème congrès du PCF se tenait à Lille le week-end du 3 juillet 2026. Préparé dans une certaine hâte et tenu sur un temps court, ce congrès a néanmoins permis de prendre le pouls des communistes. Le constat est contrasté. Les communistes sont toujours aussi attachés à leur parti, ils ont toujours l’envie chevillée au corps de changer cette société mais le climat n’est pas au beau fixe. L’ambiance, la ferveur militante ont perdu de leur superbe pour laisser place à une atmosphère plus retenue où on sent que flottent de nombreuses interrogations.
Ce n’est d’ailleurs pas totalement incompréhensible et étonnant tant est grande la complexité et la dangerosité de la période que ce soit sur un plan national ou international. Un état de fait qui atteint d’ailleurs le parti lui-même et qui a besoin après les atermoiements qui ont suivi le bel élan créé par le 38ème congrès, de se redonner une ligne stratégique claire et un projet cohérent. L’enjeu est que les communistes disposent d’une base de rassemblement qui, à partir d’une bataille d’idées essentielle, repose sur des objectifs de lutte et de conquêtes permettant par ricochet, de réveiller le peuple de gauche afin d’ouvrir une alternative politique à la fois radicale et réaliste dès les prochaines échéances électorales.
C’est en fait de tout cela qu’il a été débattu pendant ces deux journées denses de congrès où le soutien international au peuple palestinien, à Cuba, s’est mêlé à la bataille pour la nationalisation d’Arcelor, où les cruciales questions du socialisme et de la présidentielle se sont croisées avec la discussion sur le renforcement du parti et son journal L’Humanité. A ce propos il faut noter l’apport fondamental des porteurs du texte « Résister et construire » qui par les amendements qu’ils ont intégrés, ont participé à enrichir le texte de base commune et à en éclaircir la visée. Que ce soit sur socialisme, mais aussi avec des amendements adoptés à 85 % sur l’emploi avec la SEF et sur la bataille Sécu, l’apport d’idées nouvelles a été une donnée qui a compté dans le vote du texte final. Merci à toutes elles et ceux qui dans leur congrès de section et de fédération ont ferraillé sur ces questions et réussi ainsi à construire un texte qui demeure en phase avec les 38ème et 39ème congrès.
Néanmoins, des questions importantes comme le travail, les classes sociales et les moyens de production de l’énergie électrique, qui n’ont été que survolées, auront laissé sur leur faim de nombreux congressistes. Ce qui ne manquera pas d’interroger nombre de camarades ayant planché sur ces questions dans leur congrès de section ou de fédération.
Mais au-delà des séances de travail et des échanges qui s’y sont tenus, ce congrès aura révélé le besoin de faire évoluer nos pratiques et nos modes de fonctionnement. Il est nécessaire de nous révolutionner. De la préparation du texte de base commune jusqu’à la composition des directions et notamment du conseil national, il y a un besoin fondamental de renouvellement démocratique. L’élaboration du texte de base commune doit être revisitée. Il s’agit d’associer dès le départ, beaucoup plus largement les communistes à la définition du contenu de ce texte et donc des futures orientations de leur parti. De même la composition de la direction nationale doit reposer sur des critères et des objectifs à la fois beaucoup mieux définis, plus transparents et portés d’emblée à la connaissance de tous et toutes les communistes. C’est la condition pour disposer d’un conseil national qui soit vraiment la direction politique du parti et non pas un parlement.
Deux questions demeurent à l’issue de ce congrès. C’est le plein de confiance que pourront retirer de ces deux journées intenses et fraternelles toutes et tous les communistes pour engager les batailles à venir, batailles qui seront décisives à plus d’un titre. Qu’il s’agisse de la conduite des campagnes décidées – dont la première est celle contre l’austérité face aux projets de loi de finances de l’Etat et de la Sécurité sociale – ou que cela concerne la bataille de la présidentielle et des législatives. Les votes de ce congrès (74 % sur le texte, 70 % sur la direction, 66 % s’agissant de la candidature de Fabien Roussel), indiquent que les communistes ont besoin d’être rassurés à la fois sur l’animation, le contenu et l’objectif de la campagne électorale qui sera menée comme sur la capacité à inscrire dans la durée les batailles décidées. Pour de nombreux communistes qu’ils soient en accord avec les orientations ou en désaccord, pour une part d’entre ces derniers au moins, le respect des choix majoritaires et le besoin de novation revêtent une dimension politique forte dont dépend la capacité du parti à se mobiliser et à agir collectivement. Et c’est sans doute là, une des clés principales qui ouvriront la porte d’une reconquête organisationnelle et électorale du parti communiste français.
Jean-Marc Durand

merci de ce CR très utiile
Bonjour, suite au congrès , un grand nombre de camarades sont déboussolés sur notre obstination à porter une candidature à la présidentielle alors qu’ils sont convaincus que nous devons faire campagne sur nos idées communistes, nos valeurs, l’affrontement de classe capital travail. La peur de l’installation du RN au pouvoir disqualifie toute proposition trop partisane sur notre candidat. Au delà, le 39 e congrès avait approuvé un amendement essentiel présenté par la commission écologie et qui était un revirement complet de notre approche alimentation et agriculture, non le contraire pour répondre à la demande sociale. Il s’agissait du droit universel à l’alimentation. Il a été enlevé, nous l’avons représenté et il n’a pas été intégré??? Garder la main signifie que les communistes doivent décider en septembre et en janvier si nous portons jusqu’au bout cette candidature.
Merci jean-marc,
Bonne analyse…
Mais, je n’est jamais connu un congrès du Parti aussi vite préparé et clôturé !
De ce fait, nous avons laissé des questions politiques fondamentales et de lignes de directions de côté !
(Adhérent depuis 1971)
William