Compte rendu du conseil national du 9 mai 2026

A été présenté au CN une proposition de déroulé du congrès du PCF des 3-4-5 juillet à Lille.

Cette proposition présentait la particularité de transformer le congrès en conférence nationale pendant une heure, de 11h à 12h le dimanche 5 juillet pour « l’adoption du bulletin de vote sur notre choix à l’élection présidentielle ».

Une telle confusion entre le moment du congrès et l’inclusion d’une conférence nationale dans le temps du congrès n’a pas été discutée préalablement dans les instances dirigeantes, pas même évoquée au CEN du 4 mai préparant le CN.

Fabien Roussel a par ailleurs annoncé au cours de ce même CN du 9 mai sa disponibilité pour être candidat à l’élection présidentielle.

Concernant la présidentielle, nous pensons que les questions centrales sont

  • le programme,
  • que le Parti soit dans l’action pour des batailles immédiates (notamment sur l’austérité),
  • la maîtrise par les communistes des contenus de campagne.

C’est pourquoi notre texte Résister et construire propose un triptyque : contenu-bataille, candidature communiste, conjurer le fascisme et l’arrivée de l’extrême-droite au pouvoir

Or, cette nouvelle organisation du congrès est une nouvelle conception de celui-ci. Elle appelle plusieurs remarques :

1) une première version du texte de base commune portait la proposition de candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle. Elle a été retirée en commission du texte sur la base de l’argument – pertinent – selon lequel il ne fallait pas confondre le temps de congrès avec celui de la désignation d’une candidature : les communistes sont appelés à se prononcer sur une orientation et une stratégie, et non sur un candidat, ni sur une question de personne. Elle ne figurait donc pas dans le texte de proposition de base commune voté par 74 membres du CN le 29 mars.

Il y a à présent retour en arrière. Les communistes doivent savoir que si la base commune du CN arrive en tête, il y aura au cours du congrès national une proposition de candidature. Celle-ci sera à valider par un vote des adhérent.e.s entre le 3 et le 6 septembre (en pleine préparation de la fête de l’Huma). Pour se conformer aux statuts, un appel à candidature sera lancé après le vote de la base commune des 6-7 juin. Certains responsables sur les réseaux sociaux annoncent même que l’appel est ouvert dès maintenant, de même qu’un organe de presse.

Cette modification de dernier moment de l’ordre du jour du congrès et l’ouverture d’appel à candidature le lendemain du résultat du vote sur les textes de base commune ont été votés par le CN. Nous avons été 17 à nous abstenir ou à voter contre (63 pour, 9 contre, 8 abstentions).

Nous regrettons ce mélange des genres, entre congrès et conférence nationale. Nous estimons que le congrès, déjà très court (4 demi-journées, sans compter les soirées), doit être exclusivement dédié aux choix d’orientation sur les analyses, les propositions, les batailles politiques et la stratégie.

Notre texte Résister et construire inclut sans ambiguïté le principe d’une candidature communiste à la présidentielle. C’est pourquoinous estimons que la désignation de la candidature doit se faire dans le cadre d’une conférence nationale à part entière, et non lors d’une séance « d’une heure » pour « déterminer un bulletin de vote » !

1) La première proposition qui figure dans notre texte Résister et construire est de tenir une véritable conférence nationale, à la fin du mois de septembre, avec un vote de tous les communistes une semaine plus tard. Réunieen visio et donc à faible coût, elle permettrait, outre la proposition de la candidature :

  • de valider collectivement le programme présidentiel ;
  • de nommer l’équipe de campagne ;
  • de discuter des modalités de la campagne, de ses temps forts, et de son organisation.

C’est à l’opposé de la proposition actuelle du CN qui conduit à pré-désigner au congrès notre candidat sans précision d’objectifs, de contenu, de programme ; sans même garantir que la campagne sera construite sur la base du texte d’orientation.

2) Entre le congrès et cette conférence nationale d’automne, nous proposons de lancer un double travail programmatique :

  • en interne sur le programme présidentiel ;
  • en externe, dans des rencontres avec les autres forces de gauche, sur la construction d’un socle programmatique commun pouvant être défendu dans des accords électoraux aux élections législatives.

3) Nous proposons d’utiliser l’été pour mener la bataille de mobilisation et d’idées contre l’austérité concernant le budget et la Sécurité sociale. Un moment du congrès peut être consacré à cette bataille majeure. Notre texte Résister et construire propose en effet d’inscrire les batailles d’aujourd’hui dans un mouvement de la société vers le projet communiste. Elle implique des luttes politiques à débattre et à décider par le congrès.

Notre proposition de séparation entre congrès et conférence nationale présidentielle présente plusieurs avantages :

  • assurer un premier temps de prééminence des contenus et du projet sur les choix de personnes, au contraire des autres forces politiques ;
  • construire une dynamique d’élaboration collective, stimulante pour l’appropriation du projet par les communistes et propice à leur mobilisation active pour la campagne.
  • conjuguer notre autonomie politique et avec le souci d’un rassemblement.

Le schéma proposé à l’issue du CN conduirait au contraire :

  • à désigner d’abord un candidat, avant le projet, nous alignant ainsi sur la pratique politique des autres partis ;
  • à lui déléguer la mise au point du programme et le choix de l’équipe de campagne, confortant ainsi le présidentialisme qui s’insinue dans le fonctionnement de notre parti, en dépit de la critique que nous faisons de la 5ème République.

7) Une conférence nationale de « revoyure » en février 2027

Devrions-nous nous résigner à la victoire du RN ou de la droite en 2027 ? Nous pensons que non. Il nous paraît donc raisonnable d’envisager, après le lancement d’une campagne communiste offensive, de nature à faire reculer le RN et bouger les lignes à gauche, une nouvelle évaluation de la situation politique. Pour que les communistes aient l’entière souveraineté de bout en bout sur cette séquence électorale, ce n’est pas le futur CN mais une nouvelle conférence nationale qui doit procéder à cette évaluation, quelques semaines avant l’élection qui aura lieu entre le 11 avril et le 2 mai.

Par ailleurs l’existence d’un appel de Yannick Jadot, Raphaël Glucksmann et Boris Vallaud « Construire 2027 », éclaire d’un jour nouveau la proposition de la base commune du CN sur l’élection présidentielle. La formulation « candidature de rassemblement » est ambiguë : si la candidature communiste ne parvenait pas à rassembler, n’aurait-elle pas alors vocation à s’effacer ultérieurement derrière d’autres présentées comme plus « rassembleuses » ?

Ainsi le texte du CN et l’accélération de la désignation du candidat laissent ouvertes non seulement la question du contenu de la campagne, mais également celle de la pérennité de la candidature communiste, sans transparence sur le processus de décision, tout en laissant l’élection législative dans une opacité totale.

Le séquencement que nous proposons pour les élections de 2027 :

  • assure l’action politique du Parti la plus précoce, ancrée sur les préoccupations populaires,
  • garantit que les communistes soient maîtres de leurs choix jusqu’au bout,
  • garantit la visibilité des idées communistes dans le cadre d’un projet élaboré collectivement,
  • permet de travailler à l’élection législative en même temps qu’à la présidentielle,
  • prend en compte le risque d’accession de l’extrême-droite au pouvoir.

C’est le choix de la clarté qui répond aux interrogations de nombreux communistes sur les enjeux électoraux de 2027.

Les initiatrices et initiateurs
de la proposition de base commune
Résister et construire

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