Voici pourquoi nous avons la conviction que le texte Résister et construire, une nouvelle page du communisme est le mieux à même de faire de notre congrès un moment de rassemblement et de mobilisation des communistes dans l’action.
1. Le sens de notre vote : construire une base commune
Il y a actuellement quatre propositions soumises à notre lecture : le texte adopté par le Conseil National (seulement 74 pour l’adoption sur les 183 membres du CN) et trois propositions alternatives, soit 4 textes comme lors du 38ème congrès. Les 6 et 7 juin prochains, les communistes seront appelés à voter pour choisir leur base commune. Il est important de rappeler que, quelle que soit la base commune retenue par ce vote, celle-ci deviendra le texte de tout le parti : elle sera ensuite amendée, enrichie et soumise à la discussion de tous les communistes avant le congrès, cela dans un délai très court. Il s’agit donc de choisir la trame la plus solide et la plus porteuse de sens pour orienter nos travaux futurs.
2. La visée de « Résister et construire » : un parti dans l’action
Notre texte a pour ambition de mettre fin à l’écart qui s’est creusé ces dernières années avec l’orientation de fond actée depuis notre 38ème congrès, et de donner ainsi un nouveau souffle à un véritable PCF du XXIe siècle. Notre objectif est de construire l’unité des communistes sur la base d’un débat de fond ouvert et lucide. Face aux défis de la crise de civilisation, de la mondialisation et de l’urgence écologique, il est vital de remettre le PCF en action. Ce texte est celui qui met le plus l’accent sur les contenus politiques, les propositions concrètes et les luttes sociales. Il propose des axes de batailles immédiates, porteuses du projet communiste : lutte contre l’austérité budgétaire, financement des services publics, la Sécurité sociale (défense, promotion, financement), une tout autre mondialisation. Dès le lendemain du congrès, il propose de mettre en en place deux dispositifs nationaux pour favoriser une nouvelle industrialisation : surveillance des aides publiques aux entreprises et lutte contre les suppressions d’emplois.
3. Résister et construire n’est pas le « texte des économistes »
On entend parfois, à tort et non sans malice, que ce texte serait uniquement celui des économistes. L’économie appartient en réalité à tous les communistes. Si ce texte prend si sérieusement en compte les questions économiques et les moyens de financement, c’est précisément parce que la gauche s’est toujours fracassée sur le « mur de l’argent » en 1936-37, en 1981-82, en 1997-2002. C’est l’obstacle systématique que l’on rencontre face à nos exigences sociales. On trouve ainsi parmi nos signataires des animateurs nationaux de six commissions (Santé-protection sociale, Immigration, Services publics, Agriculture, pêche, forêts, Économie…) dont six membres du comité exécutif national (Sandra Blaise, Frédéric Boccara. Maryse Montangon, Patricia Tejas, Évelyne Ternant, Muriel Ternant), et de nombreux syndicalistes…
4. Ce congrès n’est pas un référendum sur les personnes
Il est essentiel de dissiper un malentendu : ce congrès ne doit pas être perçu comme un référendum, qu’il soit pro ou anti-Fabien Roussel. L’objectif d’un congrès communiste n’a jamais été de plébisciter ou de sanctionner un dirigeant, mais bien de définir collectivement une ligne stratégique, d’analyser la société et de construire un projet politique rassembleur. Se focaliser sur les personnes serait passer à côté de l’immense besoin d’idées nouvelles dans notre camp social.
5. Échéances de 2027 : un combat efficace contre l’extrême-droite
Nous abordons 2027 avec un double enjeu crucial : l’affirmation de nos idées communistes et le risque tangible de voir l’extrême-droite accéder au pouvoir. A cette heure, nous estimons que ce serait une grave erreur d’écarter a priori une candidature communiste portant notre propre projet, pour se rallier d’emblée à un candidat « susceptible de rassembler », en pratique, Jean-Luc Mélenchon. C’est une démarche très généreuse sur le papier, mais l’expérience récente nous montre que le suivisme ne crée pas de dynamique victorieuse, bien au contraire. Si nous effaçons notre parti et nos idées de rupture dès le départ, comment convaincrons-nous les déçus de la gauche et les abstentionnistes qui se tournent aujourd’hui vers le RN ? Nous avons besoin d’un PCF fort et fier de ses propositions pour donner une perspective à la colère populaire, pas d’un parti en retrait. Nous sommes convaincus que pour combattre efficacement l’extrême-droite, il faut redonner du sens politique et démontrer que la responsabilité des souffrances sociales incombe au capital, et non à l’immigré, au voisin ou à l’allocataire. Cela implique une démarche claire et construite en 6 points :
1- Lancer une bataille rassembleuse immédiatement (congrès, voire avant) sur le budget, l’austérité (y compris la sécurité sociale) et pour un fonds d’avance pour les services publics en France et en Europe
2- Engager des négociations avec l’arc du NFP (nouveau front populaire), y compris la CGT et la FSU, pour une mise à jour du programme du NFP (par exemple sur l’international), tant sur les exigences sociales et écologiques que sur les moyens et pouvoirs. Ce programme est base d’un accord législatif, s’il y en a un. En mettant les éléments sur la place publique.
3- Décider au congrès du principe d’un candidat communiste à la présidentielle, prévoir une conférence nationale de désignation et de programme à l’automne : on bâtit le projet avant de choisir le candidat et non l’inverse !
4- Négociation législatives sur le programme et sur la présence de candidats communistes aux législatives dans l’ensemble du territoire (et pas seulement 50 circonscriptions)
5- Bataille de fond avec/par le.la candidat.e en portant le projet (les idées) et des propositions précises qui l’illustrent
6- En janvier-février conférence nationale de « revoyure » : où en est l’avancée des négociations de programme ? Où en est notre campagne ? Où en est le paysage politique et l’extrême-droite ? Où en est la négociation sur les législatives ? Aviser en fonction de tout cela : les communistes doivent avoir « la main » pour décider.
En somme, la comparaison des textes en présence montre que le nôtre est le seul qui propose sans ambiguïté de tout faire pour résister au danger d’une prise de pouvoir par l’extrême-droite, en décidant d’une vraie candidature communiste dès le congrès, et en donnant aux communistes les moyens de maîtriser cette bataille de bout en bout.
