Conseil national des 10 et 11 octobre 2026
Interventions de Frédéric Boccara
Intervention sur la situation politique
La situation politique est marquée, on le sait, on l’a dit, par un mouvement social considérable et qui pourrait changer la donne. Parallèlement, il y a une situation économique d’austérité qui frappe toutes et tous. Le chômage a augmenté d’un point pendant un an, là, la dernière année. 100 000 chômeurs de plus en 1 an, Alors d’après l’INSEE ça fait zéro parce que ce serait masqué par 100 000 créations d’emplois d’auto-entrepreneurs. Mais les emplois d’auto-entrepreneurs c’est parfois zéro travail. Je vous renvoie à la note de conjoncture qui va être sur le site d’Économie et politique. On a en réalité, parallèlement au mouvement, les prémices d’une récession en France puisque le PIB a reculé au premier trimestre, qu’il ne progresse pas au deuxième trimestre (0 % ) et que techniquement une récession c’est quand il y a deux trimestres de croissance négative ou nulle. Alors, on nous dit en France c’est pire qu’ailleurs. Mais l’Allemagne, ils ont eu deux ans de récession, c’est normal qu’ils rebondissent un peu. Bien sûr il y a les tensions qui augmentent avec les États-Unis et les autres.
Et dans cette situation les gouvernants veulent serrer la vis. Moins 10 % de dépenses publiques, comme l’a fait Brüning en Allemagne en 31, comme l’a fait Pierre Laval socialiste indépendant en 1935, maire d’Aubervilliers à l’époque et président du conseil. Ça va précipiter la récession !
On a besoin de donner du sens à ce qui se passe.
La jeunesse porte l’intérêt général et c’est pour ça qu’il y a toute cette écoute.
Et en même temps, Véronique l’a dit aussi, il y a cette chape de plomb de la dette dans les esprits. On ne pourrait rien faire sur le budget. Et au mieux, on cherche à déshabiller Pierre pour habiller Paul. Même avec des bonnes intentions, faire payer les riches, prendre 5 ou 6 milliards sur armement, seule mesure de financement de la conférence de presse de Fabien sur le « plan jeunesse », non tavaillée aec la commission économique. Ça ne fait pas le compte.
Il faut oser dire qu’il faut augmenter franchement les dépenses publiques et venir sur les questions de financement. Parce que c’est une question d’urgence sociale, économique pour le pays dont l’école est un élément fondamental, le lycée aussi, l’université, mais bien plus largement l’ensemble du pays, jusqu’à ce qui se passe dans les entreprises.
Mais il nous faut démontrer, mener une bataille d’idées. À quel point cela se heurte au capital. Et le meilleur exemple, c’est que l’État 30 milliards à 40 milliards de plus en trois ans en intérêts de la dette. Et bien en « compensation », on diminue les dépenses de plus de 40 milliards. Donc ça, c’est le capital, les intérêts de la dette. Et ça concerne tous les services publics.
Il nous faut avancer très fortement sur notre proposition de fonds d’avance pour les services publics. Nous proposons un fonds d’avance de 100 milliards. Je n’ai pas entendu que ce soit dit à la conférence de presse. Il faut le mettre dans les tracts, c’est ça qui va être utile. 100 milliards de fonds d’avance pour les services publics, comment on fait ? Le pôle public bancaire les avance à 0 %. Le pôle public c’est notamment la Caisse des dépôts et la Banque postale. Ce fonds pourra prêter à 0 % aux collectivités locales ou à l’Etat.
Et l’essentiel, des dépenses, bien sûr il y a du bâtimentaire, mais ce n’est pas de l’investissement, c’est des dépenses d’avenir dans l’emploi, la formation. Parce qu’il nous faut montrer le sens politique « de classe » : les dépenses pour les femmes et les hommes doivent devenir prioritaires dans cette société, et le capital, le bâtimentaire, les équipements doivent accompagner. Et pas l’inverse : on nep eut pas accepter un lycée neuf avec personne devant, des classes surchargées, etc.
Voilà, c’est sur cette base qu’on doit pousser la convergence, et je pense que la donne peut changer si nous avançons avec nos idées précises et nos propositions massives, mais concrètes, dans le mouvement. Mais pour cela il faut vraiment une impulsion d’ensemble et que la campagne, nos interventions publiques prennent une autre tonalité.
Intervention sur la campagne présidentielle
Je voudrais informer les camarades de la décision prise par la commission économique d’organiser une initiative publique de la revue Economie & Politique, fin janvier-début février sur le thème : « Quelle logique économique alternative pour la gauche et notre pays ? ».
Elle pourrait avoir lieu un samedi, dans une ville de la région parisienne. Rassemblant des syndicalistes d’entreprises et des services publics, des associatifs, des militants communistes, des intellectuel.le.s et des économistes, elle doit être utile aux fédérations. Donc il s’agit pour les fédérations de nous dire ce qu’elles peuvent en attendre. Il s’agit aussi que les fédérations participent à sa réussite. Elle sera l’occasion d‘un échange, d’uen appropriation de notre programme économique. Elle sera aussi l’occasion d’une présentation de notre chiffrage, avec si possible un débat entre économiste. Elle sera aussi, nous le souhaitons, l’occasion d’un débat à gauche. Car on a absolument besoin de débat à gauche,
Intervention sur la vie du Parti
Je trouve le débat très riche et intéressant. Je voudrais remercier Igor et le pôle vie du parti parce que ce travail va aider. Il y a de la rigueur, il va aider à mettre de la rigueur et à voir ce qu’on entend aussi par rigueur parce que parfois les camarades sont un peu démunis.
Je voudrais insister sur le monde du travail. Stéphanie l’a fait hier aussi parce qu’on a une vraie question de la connaissance d’où sont les camarades. Il y a la question du lieu et qui doit être bien rempli mais il y a aussi l’entreprise, son nom, ce qui n’est pas la même chose. Et il y a la question du groupe d’entreprise, je pense qu’il faut intégrer ça. Il y a aussi les services publics ou les administrations. Il faut trouver une façon proposer de remplir cela, je ne sais pas si c’est le ministère, le nom de l’administration ou le nom du service public. Il faut travailler comme vous avez fait en testant avec quelques fédérations. Je trouve très bonne cette méthode.
Nous avons construit, constitué, un réseau des communistes des secteurs secteur financiers – Brcy + banques et assurances – On l’a constitué en lien avec les syndicalistes de la fédération des finances nous sommes d’ailleurs deux présents, ici mais aussi en lien avec le fichier du parti national des adhérents etc. Mais c’est très difficile. Il y a des camarades qu’on ne retrouve pas. Par exemple moi je n’étais pas identifiable parce que l’INSEE ce n’est pas « finance » ce n’est pas rattaché un ministère. Ce n’était pas identifiable. Et il y a probablement d’autres camarades ainsi. Bien sûr si on a les personnes, si on les connaît, c’est bien. Mais il y a un travail de connaissance de recensement et de réflexion sur comment sont fait nos fichiers.
Il y a aussi besoin de savoir indiquer s’il y a des responsabilités syndicales quand elles sont locales quand les camarades représentent parce qu’effectivement l’intervention sur une entreprise ça demande de la continuité. Cela doit se décliner dans les sections nous à Montrouge on a deux ou trois entreprises où on distribue régulièrement de connaître et à la fois d’avoir des personnes ressources puisque le mot est à la mode pour savoir ce qu’on y dit ce qui s’y passe ce qui va compter comment on fait dans tel ou tel endroit et aussi comment il ou elle peut être un moment à côté de nous quand on distribue ça valide un peu le fait qu’on n’est pas extérieur. Il y a plein de méthodes on sait tous le faire.
Mais il y a aussi le fait d’avoir besoin d’un matériel éventuellement adapté à telle ou telle entreprise qu’on peut construire avec les camarades. J’y reviendrai après.
Catégories socio-professionnelles. Excusez-moi ce n’est pas parce que je suis à l’INSEE mais c’est parce que j’ai quelques années de vol. Et quand on avait par exemple les statistiques pour les congrès on disait il y a tant d’ouvriers tant d’employés. On a besoin de savoir ça parce que d’ailleurs c’est une petite différence. Excusez-moi de revenir sur les débats de congrès : il n’y a pas une seule classe justement. C’est une alliance de classes que nous cherchons. Et donc on a besoin de savoir qu’il y a cadres, intellectuels, enseignants. Ça ce n’est pas la même chose qe des ouvriers, ce n’est pas la même catégorie. On a besoin de connaître notre parti de ce point de vue.
Sur le monde du travail un dernier point la question des réunions. Elle n’est pas évidente, il faut être souple. Il y a des endroits où ce n’est pas possible il y a des endroits où on peut se réunir le midi il y a des endroits où il y a les locaux syndicaux. Il y a des endroits où il y a juste à côté on sait bien. Je pense qu’il y a besoin d’un partage des expériences avec le secteur entreprises pour voir comment faire et pour mutualiser un peu les expériences.
Troisième point la formation. Un point à souligner sur la formation c’est convergent avec ce que dit Christophe et d’autres. On ne sait pas bien ce qui s’y dit quelquefois pour l’économie. Il y a un enjeu de formation des formateurs. Il y a des gens, on ne les connait absolument pas. Certains formateurs nous disent, « ah non moi Marx c’est un peu dépassé la suraccumulation du capital, non je n’y crois pas. Donc je n’enseigne pas ». Il y a plein de choses comme ça. Oui ça pose un problème il faut une certaine validation quand même il faut trouver la forme mais c’est un vrai enjeu parce qu’il y a une inégalité de ce qui est fait. Et puis il y a aussi un partage de méthodes pédagogiques, d’exemples. Dans la formation, notamment je pense à l’économie qui peut paraître abstraite, prendre un même exemple qui est bien testé dont on sait qu’il marche, ça c’est très important. C’est d’ailleurs, quand vous regardez les textes du parti dans les années 1920-30, ils disent pour les prolos il faut prendre un exemple précis et se passer entre nous parce que ça, ça passe vraiment.
Dernier point et j’en aurai fini il y a besoin d’une réflexion avec la communication sur le matériel de communication en lien avec la vie du parti. Je prends deux exemples on a dans notre section Montrouge le grand dépôt de cheminots. C’est aussi le technocentre de Châtillon-Montrouge pour le TGV, toute la branche Ouest. Quand il y a eu la grève on a dit est-ce qu’on a un matériel qu’on pourrait distribuer là-bas ? Ben non il n’y avait pas. Donc il y a la question de disposer d’un matériel de matériel adapté au moins sur quelques grands secteurs. C’est une analyse importante qu’on pourrait identifier nationalement quelques secteurs ou entreprises de reconquête ou d’implantation comme on le fait au niveau section ou fédéral. Le national pourrait aider à avoir un matériel quand on n’est pas localement présent mais qu’on a besoin d’avoir une distribution.
Plus généralement et je conclus là-dessus on aurait besoin sur certains tracts de les travailler en relation et ça c’est la vie du parti qui peut être impulsée avec les secteurs de travail. On avait fait il y a quelques années un tract sur le coût du capital avec les camarades de la com parce que c’est eux qui savent faire mais avec les camarades de la commission économique parce que le coût du capital c’est quand même quelque chose d’abstrait. Donc il faut rendre concret. Le tract avait beaucoup porté et donc je pense qu’il faut beaucoup mieux travailler les transversalités entre les commissions et la communication. Ça c’est décisif pour le parti aussi pour pas qu’on ait une communication trop superficielle.
