Depuis la publication de notre proposition de base commune de discussion pour le 40ème congrès, de nombreux camarades nous indiquent qu’ils apprécient la qualité de ce texte, jugé meilleur que la proposition adoptée le 29 mars dernier par 74 membres du Conseil national sur 182.
Certain.e.s de nos camarades expriment la crainte que la multiplication des textes ne conduise à une fragilisation du Parti, voire à son éclatement.
Rappelons qu’une seule base de discussion sera soumise au débat dans les sections et les fédérations puis au congrès national, du 3 au 6 juillet prochains. Cette base commune n’est pas encore choisie : les communistes feront ce choix en toute souveraineté par leur vote, les 6 et 7 juin prochains.
Cependant, les risques de division, voire d’émiettement du Parti sont bien réels. Ils ne datent pas de la publication de textes alternatifs. Nous pensons que ces risques traduisent pour une part la crise politique qui touche toute la société, mais qu’ils résultent aussi, plus spécifiquement, des tensions que provoque l’écart entre les orientations adoptées par les communistes et la façon dont elles se traduisent dans l’activité publique et institutionnelle du Parti. Les nombreux camarades qui critiquent cet état de choses pourraient-ils être tentés de traduire leur mécontentement en soutenant des propositions qui remettraient en cause les choix des 38ème et 39ème congrès, voire reviendraient en arrière, vers l’effacement du Parti ?
Notre proposition de base commune Résister et construire, une nouvelle page du communisme écarte ce danger. Elle propose une orientation d’ensemble sans ambiguïté : poursuivre sur la voie ouverte par les 38ème et 39ème congrès, de façon cohérente et en faisant appel à l’engagement de tous les communistes. Et nous soumettons au débat des réponses précises aux grandes questions que l’état du monde, du pays, de la gauche, posent au PCF : par exemple sur les causes de la crise du capitalisme et des dangers que l’impérialisme américain fait courir au monde aujourd’hui ; sur la nature de notre projet communiste et sur le nom qu’il convient de donner au chemin à emprunter pour le réaliser ; sur les moyens à conquérir pour arracher au capital son pouvoir sur l’utilisation de l’argent, sur les entreprises et sur la production ; sur le rassemblement des forces populaires face au danger d’une accession au pouvoir de l’extrême-droite ; sur le bilan à tirer de notre action depuis le 39ème congrès ; sur la stratégie à adopter face aux échéances présidentielle et législatives de 2027 ; sur les changements à apporter à la vie de notre organisation pour un Parti qui agit et réfléchit.
Si notre proposition est adoptée, les communiste pourront en toute clarté débattre de ces choix, les amender, les modifier d’ici au congrès. L’unité du Parti ne sera pas de façade, elle se réalisera et se consolidera autour d’un projet commun.
En revanche, ce serait extrêmement difficile avec le texte Un communisme de conquête issu du dernier conseil national, qui ne propose pas de réponse claire à ces questions, et dont toute l’orientation engage le Parti à continuer la pratique actuelle sans s’interroger sur les impasses auxquelles elle conduit.
En proposant de prendre Résister et construire comme base commune, nous ne cherchons donc pas à cristalliser une opposition, un courant, une doctrine ; tout au contraire, notre ambition est de créer les conditions d’une unité agissante de tous les communistes, comme nous y étions parvenus en 2018 avec la base commune Pour un manifeste du Parti communiste du XXIe siècle.
Sandra Blaise, Frédéric Boccara, Thalia Denape, Denis Durand, Jean-Marc Durand, Frédéric Rauch, Patricia Tejas, Évelyne Ternant, membres du conseil national
