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Conseil national du 10 octobre 2026
Interventions de Jean-Marc Durand

L’actualité sociale du pays 

Bonjour à toutes et à tous…

Avant d’entrer dans le vif du sujet, un mot sur l’organisation des travaux de ce conseil national. A mes yeux, le saucissonnage de l’ordre du jour pose un problème de cohérence nuisant au rôle politique du CN. Notre CN n’est pas le conseil d’administration d’une SA, il est selon nos statuts, et rappelé lors du 40ème congrès, la direction du parti chargée entre deux congrès, d’appliquer les orientations et de les mettre en musique en fonction de l’actualité politique. Notre responsabilité collective est d’y prêter très attention. Je rappellerai qu’il y a eu des périodes dans le parti, par exemple sous R. Hue, où les cellules, les sections, étaient invitées à commencer leur réunion par le concret, le pratique, et à les finir par le rapport politique…C’est le meilleur moyen pour très vite, se faire balloter au grès du vent. On en a d’ailleurs rapidement mesuré les effets sur le rayonnement des idées du parti dans la société.

Quant à l’actualité sociale, j’enfonce une porte ouverte en disant que c’est le mouvement lycéen. Enfin, le réveil social ! Espérons qu’il ne soit pas éphémère et qu’il s’avère salutaire face à la poussée de l’extrême-droite, d’une droite et d’un Medef très décomplexés ! Je pense qu’il peut l’être. Deux raisons à cela. La première : ce mouvement renvoie à un malaise profond dans la jeunesse de notre pays, à une angoisse même face au lendemain que ce soit sur un plan social ou climatique… Une première raison qui, si elle puise son origine dans la réalité particulière qu’est la vie de lycéen confronté aux profondes dégradations de l’enseignement et du cadre dans lequel il s’exerce, correspond largement au ressenti de millions de salariés et de sans emploi. Ce qui montre à quel point on peut faire converger les aspirations, les revendications et donc monter l’action commune.

La seconde raison d’espérer en un mouvement social qui s’enracine, est l’origine du malaise social actuel. Là il n’y a même pas à s’interroger : elle est identique. Elle réside dans les politiques d’austérité des dernières décennies, une austérité budgétaire sans cesse aggravée et dans une austérité salariale qui en cumul, fait apparaître d’énormes manques à gagner comme le montre une récente étude de la CGT à ce sujet.

Et comme par hasard, le mouvement éclate au moment où est annoncé un projet de budget 2027 des plus horribles prévoyant sacrifices sur sacrifices pour l’essentiel des familles, y compris les plus déshéritées. Services et fonction publics, collectivités locales, sécurité sociale sont passés à la moulinette de la dette que le pouvoir agite comme un épouvantail. Répondre aux lycéens et aux salariés passe par refuser ce budget et lui opposer une alternative claire fixant des objectifs de développement en matière d’emplois publics, de moyens de fonctionnement et d’investissements immobiliers. Bien sûr, pour cela il faut de l‘argent, de la dépense nouvelle. Un argent mis très rapidement à disposition grâce à un fonds financé par le pôle public bancaire à 0%, ce qui permettrait d’apporter des réponses structurelles immédiates. On ne répondra pas autrement à la détresse lycéenne, aux urgences sociales, qu’en en appelant à la création monétaire, avec un fonds d’avance, la réforme fiscale venant ensuite pour sécuriser et conforter le nouveau mode de développement choisi. Il en va de notre crédibilité et de celle de nos propositions pour un changement de politique réel face à gouvernement parfaitement conscient de la chose, qui après avoir manié la matraque, tente un enfumage de première classe en faisant monter au créneau enseignants et direction des établissements.

Aujourd’hui, le pays a besoin d’un parti communiste et d’une candidature communiste à la présidentielle qui travaillent à la mobilisation populaire à partir d’une expression originale et autonome qui nous identifie comme une force de changement radical de société face à un système capitaliste dont le recours se nomme de plus en plus violence, que ce soit par la guerre ou la répression sociale.

La mobilisation des fédérations.

Cela fonctionne. Mais avec un peu de retard à l’allumage. Pourtant le mouvement social offre une grande opportunité aux forces syndicales et politiques, notamment à celles qui, comme nous, ont pour objectif une transformation radicale de la société.

Une explication à cette difficulté à se mettre en route peut venir d’une habitude prise depuis la fin des années 90 consistant à considérer que l’action politique doit être essentiellement tournée vers les élections, que le changement politique vient des élections et de rien d’autre ; le mouvement social étant considéré au mieux comme un appui, un soutien. Cela est d’ailleurs à relier à nos difficultés ces dernières années, à mener de vraies campagnes politiques sur le fond et dans la durée, cela de façon autonome.

On a perdu de vue l’idée que la lutte sociale, que l’action de terrain, associées à des propositions, à un programme, à un projet, sont des éléments déterminants de la transformation sociale et du changement de politique. On a perdu de vue la conception d’un parti qui agit avec les gens, dans la « rue » et dans les institutions. Il faut se réhabituer à une telle démarche, se réapproprier la pratique des luttes. Pour un parti communiste c’est essentiel, c’est une partie importante de son ADN. C’est une sorte de changement de logiciel qu’il nous faut opérer, un changement dont on a besoin face à l’aggravation de la crise et à l’approfondissement des antagonismes de classe, c’est ce à quoi d’ailleurs, les 3 derniers congrès nous appellent.

Et ce sera grâce à cette transformation que le parti retrouvera des couleurs tet que toute la gauche reprendra la place qui devrait être la sienne dans notre pays.

Sénatoriales

Je vais décrire la situation de la Drôme et préciser notre choix. Nous sommes un département qui a vu pas mal de mairies conforter leur positionnement à droite et pour certaines y basculer. Le RN qui a deux députés n’a pas fait de percée. LFI n’a pas non plus prospéré aux municipales.

Nous avons fait le choix du rassemblement des forces de gauche avec le PS et les Ecologistes afin de ne pas disperser les voix. Nous avons donc soutenu la liste PS et Ecologistes sur laquelle nous aurions pu figurer mais nous n’avons pas souhaité car nous ne voulions pas nous retrouver sur une liste où il y avait aussi Place Publique… LFI a présenté une liste, ce qui ressemblait plus à une opération témoignage qu’à autre chose. Au final, la gauche perd son siège. Nous nous retrouvons avec deux sénatrices et sénateurs LR et une sénatrice Renaissance…

Deux précisions :

  • Si nous ajoutons les voix de la liste de gauche et celle de LFI, LR passait quand même.
  • Le RN ne fait rien car on est dans un département ou LR est très implanté avec la présence d’une forte personnalité, celle du maire de Valence, Nicolas Daragon qui verrouille et dont les positions, il a été secrétaire d’Etat à la sécurité dans le Ministère de Retailleau, sont apparues très à droite.

Vie du Parti

Je voudrais tout d’abord souligner une situation. Cela fait le troisième conseil national qui se tient et nous pouvons déjà constater une participation qui sur les deux jours en moyenne, dépasse à peine les 50% de ses membres. Cela interroge car rappelons-le le CN est la direction du parti, c’est-à-dire l’instance où se débat de la politique à conduire face à l’actualité en conformité avec les orientations de congrès et où se prennent en regard les décisions nécessaires.

Il me semble que c’est un vrai sujet pour la vie du parti. Des dirigeants qui peuvent d’une certaine manière, apparaitre comme négligeant l’instance de direction à laquelle ils et elles ont été élus, cela à mon avis, ne renvoie pas forcément une image positive de cette instance. Ce qui peut avoir valeur d’exemple pour les camarades qui siègent dans les autres instances du parti, fédérations, sections…. Et un parti qui veut changer la société en portant des idées et qui se veut organisé, cela passe par des instances qui vivent vraiment. Et même si cette question peut paraitre encore lointaine, elle devrait déjà retenir toute notre attention en vue de la construction de la prochaine direction nationale.

Quant à la présentation faite par Igor et au document préparatoire à cette séance, ils sont intéressants. Le document est bon et complet et peut-être même trop complet. Le détail dans lequel rentrent les questionnaires peut en effet avoir l’effet inverse de celui recherché, pouvant même apparaitre rébarbatif car difficile à servir et parfois en décalage profond avec la réalité de l’organisation et de la vie du parti dans les fédés, les sections. Certes ces documents sont faits pour établir un état des lieux mais peut-être que faire ressortir 3 ou 4 axes principaux de réflexion et de travail pour les fédés, les sections, permettrait de leur faire franchir un palier, donc de les conforter et de leur donner confiance pour aller plus loin ensuite…

S’agissant du suivi des régions et des fédés, il faut à mon sens que cette responsabilité s’accompagne d’un souci de formation, d’aide à l’action, à la compréhension, à l’analyse, c’est à mon sens essentiel pour que le parti avance.

Enfin quant à la formation, je pense qu’il serait nécessaire de réfléchir à quelle formation pour les formateurs afin que leurs interventions renvoient une réelle cohérence de contenus, particulièrement pour certaines matières.

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